samedi 31 décembre 2016

Le règne de l'imposture

Publié initialement sur Facebook, ce "coup de gueule" a été aussitôt signalé et censuré (il y a des vérités qui fâchent...) Aussi je le remets ici sous la rubrique "humour" car "il vaut mieux en rire que de peur d'être obligé d'en pleurer", car ici, ceux que les soldats dans les tranchées et jusqu'à Lugansk ont baptisé les "Doni-mytho" ne trompent personne !

"...Les peuples toujours idolâtrent la merde, que ce soit en musique, en peinture, en phrases, à la guerre ou sur les tréteaux. 
L'imposture est la déesse des foules. "

Janus Putkonen, un adolescent attardé venu d'un théâtre finlandais jouer le playboy dans le Donbass
Des vautours et les hyènes sont venus de France, d'Espagne ou de Finlande dans le Donbass, attirés par les honneurs et fuyant leurs vies médiocres pour tenter d'imposer à force calomnies, intrigues et abus de pouvoir le monopole de leur imposture médiatique sur les réseaux...

Caparaçonnés et casqués ces inaptes viennent faire 1 heure par mois des selfies sur le front, parfois  à 500 mètres de chez moi, pour se vanter ensuite, médailles de salon en avant, qu'ils "risquent leurs vies tous les jours sur les endroits les plus dangereux du front" pour écrire leur articles (certainement à la lueur des balles traçantes...)

Pauvres hères narcissiques et mythomanes venus profiter de la souffrance d'un peuple pour se pavaner et se servir au lieu de servir la noblesse d'une lutte pour la Liberté.

Il m'arrive parfois d'espérer qu'une vraie guerre revienne ici, car elle mettrait fin à l'agression kiévienne contre la population et nettoierait enfin le Donbass de ces insectes nuisibles qui en jouant les nouveaux apparatchiks trahissent la rébellion antimaïdan et l'esprit de la République de Donetsk...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Des photos qui se passent de tout commentaire...

Quand les reporters de guerre prennent leurs fantasmes pour des réalités 




Mais le pire reste certainement Laurent Brayard, le plus discret mais certainement le plus nuisible des vautours... il est venu à Donetsk quelques mois pour semer calomnies, zizanies et intrigues avant de fuir le Donbass et les réseaux, rattrapé par ses frasques privées...



2017, entre guerre et paix

La guerre totale et protéiforme du Nouvel Ordre Mondial


Une constante dans l'Histoire du Nouvel Ordre Mondial est qu'il est né de la guerre, qu'elle soit colonialiste, militaire, ethnique ou sociale, et que sous toute ses formes elle est son fond de commerce et sa raison d'être.

Si les techniques et les définitions sociétales évoluent considérablement avec le temps, force est de constater que les mentalités et les principes les ordonnant sont restés figés dans la même dynamique de pouvoir depuis des siècles. 
Au cours XIXème siècles certains penseurs qui devinent l'emballement et la suprématie du progrès technique et politique vont mettre à plat des méthodes et des stratégies nouvelles destinées à servir un suprématisme politico-militaire. Après la disparition des fascismes déclarés, les dictatures de la pensée unique ont compris que l'engagement décisionnel des populations(informations-révolutions-démocraties) ainsi que la prévalence (théorique) du droit international, leurs sont de plus en plus importants et des entraves majeures et incontournables qui doivent être manipulées. 

La manipulation des foules devenues dépendantes d'un système consumériste contrôlé par le pouvoir permet si il contrôle aussi les médias dominantes d'imposer un simplisme de la pensée. Cette vision manichéenne imposée conduit à un esclavagisme des peuples dont les identités collectives sont subordonnées aux intérêts individualistes dont le sens critique est annihilé par un "prêt à penser" uniforme et manipulateur. L'exemple des "Droits de l'Homme", devenus une véritable religion dogmatique et conquérante au service de la pensée unique est significatif car, en détournant une pensée philosophique occidentale vers un universalisme néo-colonialiste, il justifient une hégémonie militaro-industrielle dont le cheval de Troie s'appelle "Démocratie".

Et les foules sont tellement manipulées et aveuglées qu'elles sont entraînées dans des dynamiques révolutionnaires ou électorales qui au nom de la "démocratie", ne sont en fait que les offensives d'une ploutocratie élitiste qui veut surtout en détruire les principes fondateurs. Et on arrive alors à des actions militaires ou terroristes légitimées par des discours "droitdelhommistes" hallucinants  de politiciens "démocrates" dont l'imposture meurtrière est garantie par l'asservissement de peuples qui sont à la fois atomisés par la frénésie consumériste et lobotomisés par le fanatisme médiatique du Monde moderne.


La tactique du pompier incendiaire



Les exemples de cette stratégie esclavagiste au masque libertaire sont multiples: des ingérences militaires étasuniennes directes (Afghanistan, Irak etc...) ou indirectes (Libye, Yemen etc...) au terrorisme international (Syrie, Europe etc...) en passant par les renversements des états non alignés (Georgie, Ukraine etc...) tous procèdent de la même stratégie du chaos embarquée dans le cheval de Troie de la Démocratie...
Cette stratégie du système organise de plus en plus des tensions horizontales à la fois pour désorganiser la cohésion identitaire et pour protéger la verticalité d'un pouvoir qui tire les ficelles en imposant progressivement les actes d'une servitude présentés avec un culot arrogant comme des remèdes aux crises économiques, sociales, migratoires etc.. que la ploutocratie a elle-même organisé.

Cette tactique du "pompier incendiaire" est unique, de la destruction de l'Irak à la déstructuration communautés, et c'est une grave erreur que de vouloir cloisonner les crises et les conflits dans leur géographies (Europe, Moyen Orient, Asie...) ou leur natures particulières (militaire, économique, sociale...)
Des bombardiers étasuniens écrasant l'Afghanistan aux migrants qui sont jetés vers les côtes européennes nous sommes face à la même guerre protéiforme que le Nouvel Ordre Mondial a déclaré aux peuples. Et cet état de guerre réelle, le système lui-même le reconnait à l'image des discours de Bush envoyant ses bombardiers pilonner Bagdad à celui d'un François Fillon, le candidat républicain aux prochaines élections présidentielles françaises, lorsque dans une sémantique militaire agressive il explique sa stratégie pour asservir définitivement les peuples de France.

La "Bitzkrieg" du Nouvel Ordre Mondial version Fillon

Aujourd'hui, le Nouvel Ordre Mondial est certes en difficulté mais il serait naif et même irresponsable de crier victoire parce qu'un Trump a été élu sur des promesses anti-mondialistes. Le système est loin d'être vaincu car c'est un vampire qui se nourrit de ses propres crises et il est même, à l'image d'un monstre qui en se noyant provoque les plus grosses vagues, plus dangereux que jamais car la guerre est devenue pour lui une question de survie urgente et la dernière option dont il dispose.

Sauf que, pour ne pas être définitivement discrédité et abandonné par une opinion publique de plus en pus sceptique, le Nouvel Ordre Mondial doit se présenter d'abord comme une victime et non un agresseur, pour ensuite légitimement engager ses idiots utiles européens ou islamistes dans une guerre suicidaire d'où il espère renaître tel un phoenix... 


Le mythe de la guerre subie


Après la violence physique directe des monarchies et des empires du passé, le pouvoir a développé l'ochlocratie décrite par Gustave le Bon dans "Psychologie des foules" et qui permet d'obtenir l'asservissement des peuples par l'intermédiaire de ses propres foules manipulées.. c'est le temps des "idiots utiles", masses sans conscience appâtées par des discours communautaristes haineux et qui sont servis dans les gamelles manichéennes d'une pensée monothéiste sécularisée.

La guerre sous toutes ses formes, est à la fois le moyen et le but de cette hégémonie de la pensée unique qui sert les intérêts militaro-industriels d'une ploutocratie hégémonique. Mais pour entraîner les peuples à se suicider (et en chantant !) dans les guerres qui nourrissent l'élite mondialiste, il est nécessaire que ces dernières apparaissent d'abord comme provoquées par l'ennemi désigné par la pensée dominante du moment érigée en propagande de guerre !
Pour organiser cette victimisation et justifier le déclenchement de "guerres préventives" à travers le monde, le Nouvel Ordre Mondial a recours aux mensonges, false flags, et provocations en tous genres qui ont pour objectifs, soit de responsabiliser la cible, soit de la pousser à attaquer en premier.

Car le peuple occidental, soumis à cette propagande de guerre qui est fondée sur la victimisation de soi et la diabolisation de l'autre a oublié comme le rappelait  A. G. Heffter dans "Le droit international de l'Europe" (1857) que dans une guerre il arrive aussi que "le véritable agresseur n'est pas celui qui attaque en premier mais celui qui rend la guerre inévitable" Cette réalité en revanche n'a pas échappé au Président russe Vladimir Poutine lorsqu'il déclarait le 22 octobre 2015, lors du sommet du Valdaï :  "Si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier ". La guerre n'est donc pas forcément de la responsabilité de celui qui tire en premier...

De fait, on voit actuellement les néo-conservateurs essayer de pousser la Fédération de Russie vers une confrontation directe, par d'incessantes provocations politiques, économiques et militaires. La défaite de leur candidate Clinton a même été l'occasion de laisser éclater la paranoïa russophobe hystérique d'un gouvernement étasunien qui n'arrive pas à mettre à genoux Moscou, que ce soit en Syrie ou en Ukraine. Aujourd'hui l'ingérence russe dans le déroulement du scrutin présidentiel étasunien est autant un faux prétexte pour expulser 35 diplomates russes que le référendum de Crimée l'a été pour engager un étranglement économique de la Russie, via des "sanctions économiques" qui ne cessent de se durcir.

Aujourd'hui le Nouvel Ordre Mondial est donc aux abois, tant sur son front intérieur que sur ses terrains de chasse extérieurs, et il a plus que jamais besoin d'une guerre pour se remettre au galop et réanimer économie et propagande qui sont le moteur de son hégémonie.



Le Donbass entre guerre et paix



Le front du Donbass est un front particulier, hésitant depuis 2 ans sur un carrefour touffu entre Paix et Guerre. Le coup d'état en Ukraine qui a été préparé et organisé par les USA et leurs laquais de l'Union Européenne fin 2013 est resté inachevé, car les principaux objectifs géostratégiques (Crimée militaire et Donbass économique) se sont échappés des mailles du filet occidental jeté sur le Maïdan.

Mais les occidentaux ne veulent pas lâcher pour autant Kiev et surtout les néoconservateurs qui ne veulent pas éteindre la ligne de feu qui, de Donetsk à Lugansk, leur offre une occasion de militariser l'Ukraine vers l'OTAN et d'entretenir une pression sur les remparts de la Fédération de Russie. Dans cette stratégie Kiev la naufragée post Maïdan est à la fois dépendante de la perfusion économique occidentale qui lui permet de garder la tête hors de l'eau et en même temps sacrifiée par Washington qui lui impose depuis le premier jour cette guerre servant les intérêts étasuniens mais qui l'entraîne aussi vers le fond.

Aujourd'hui cette guerre semble vouloir sortir de l'anesthésie administrée par les accords de Minsk, une volonté exprimée à la fois :
  • par Kiev, qui supporte de moins en moins le prix social mais surtout économique, de l'ATO ("Opération Spéciale Antiterroriste") même si depuis 3 ans bientôt elle sert de prétexte pour justifier les autres échecs du gouvernement Porochenko.
  • Par Washington, qui voit dans ce Donbass l'occasion d'ouvrir un second front pour compenser les défaites de ses "alliés" djihadistes en Syrie et imposer à l'équipe Trump un fait accompli et si possible avec une intervention militaire russe inévitable.
Depuis plus de 6 mois la tension augmente un peu plus chaque semaine, avec les pressions de l'armée ukrainiennes, bombardements croissants mais aussi attaques terrestres de plus en plus violentes, et dont l'objectif évident est de rendre le cessez le feu signé de plus en plus impossible a respecter et de provoquer une contre-attaque républicaine majeure qui servira alors de "casus belli" à Kiev pour déchirer définitivement les accords de Minsk et lancer une nouvelle offensive majeure dans le Donbass dont l'objectif sera de provoquer une intervention russe.

Car pour que l'opération soit parfaite et capitalisable par les occidentaux, il faut amener la Russie à intervenir (enfin) dans le Donbass. Ce "casus belli", tellement espéré, mais jamais réalisé par l'armée russe, est devenu un fantasme occidental obsessionnel qui a force d'être répété finit même par infester certains réseaux anti-mondialistes... 
Les faucons de guerre qui nichent dans les greniers de Wall Street espèrent certainement obtenir, par un effet domino sur le plan militaire et un jeu des alliances sur le plan diplomatique, une escalade que même un Trump ne pourra enrayer et qui maintiendra leur feuille de route belliciste à l'ordre du jour.

Du côté des pays qui sont au chevet de cette crise ukrainienne et guerre du Donbass, la plupart s'accrochent aux accords de Minsk car ils servent aussi et surtout leurs intérêts particuliers :
  • L'Union Européenne, même soumise à Washington sait que la paix en Ukraine stabilisera leurs investissements prévus et engagera la levée des représailles qui sont des "sanctions économiques" autant pour eux mêmes que pour la Russie.
  • La Russie, pour qui la paix est un gain de temps pour mieux se préparer à un affrontement potentiel avec l'OTAN et qui, réalisée avec un Donbass et une Crimée séparés de Kiev et validerait comme en Syrie l'échec des USA en Ukraine.

Des territoires entre Donbass et Ukraine

Carte du Donbass en guerre. En rouge la ligne de front, en vert les limites des anciens oblasts (régions)
Concernant les Républiques du Donbass, la situation est plus complexe car si la paix est bien sûr espérée au premier chef par leurs populations qui sont bombardées depuis 2 ans et demi, elle n'est cependant pas acceptable dans la situation actuelle et surtout le maintien de l'occupation d'une partie de leur territoires par l'armée ukrainienne. 
En effet ces territoires occupés, qui vont de Mariupol à Severodonetsk et au delà, sont vitaux pour les Républiques et à plusieurs égards :
  • Humainement, leurs populations occupées refusent le régime de Kiev comme elles l'ont montré depuis les manifestations de 2014, la résistance réalisée notamment à Slaviansk, Kramatorsk et Severodonetsk, où les résultats pro-russe des dernières élections.
  • Économiquement, cette occupation prive le Donbass d'une partie importante de ses ressources industrielles et aussi de son port de commerce (Mariupol) sans lesquels une autonomie économique est difficilement viable. 
  • Militairement, cette occupation ne donne aucune profondeur stratégique aux Républiques qui se retrouvent avec une frontière / ligne de front aux portes de leurs centres névralgiques de Donetsk et Lugansk.
  • Politiquement, les Républiques ont besoin de récupérer les anciennes frontières des oblasts de Donetsk et Lugansk correspondant à des identités territoriales, pour avoir le poids politique nécessaire dans les rapports avec les pays étrangers.
Aujourd'hui, si les accords de Minsk sont bloqués (pour ne pas dire morts-nés) c'est à cause de Kiev qui n'engage pas la fédéralisation qui doit permettre d'accorder un statut spécial au Donbass, mais surtout refuse de libérer ces territoires occupés et qui de surcroît réclame le contrôle immédiat des frontières avec la Russie ainsi que du carrefour stratégique de Debalsevo !

Voir au sujet de ces territoires occupés la déclaration récente du Président Zakharchenko, le lien ici : DONi press


2017 verra la fin du processus de paix 


Sentinelle républicaine sur le front de l'aéroport de Donetsk
Depuis 2 ans, Kiev a fait trainer le processus de paix, dont les seules avancées sont la poursuite des négociations (même si c'est souvent un dialogue de sourds) entre les belligérants et les échanges certes très timide des prisonniers. Pour le reste l'armée ukrainienne, par des violations quotidiennes du cessez le feu, empêche depuis 2 ans que soient abordés le volet politique qui doit réellement engager la résolution pacifique de ce conflit qui a tué entre 10 et 20 000 personnes, blessé des dizaines de milliers d'autres, déplacé près d'un million de réfugiés et provoqué des dizaines de milliards de destructions diverses.

Avec les changements politiques attendus sur le plan international, beaucoup espèrent que la paix va enfin être engagée dans le Donbass... 

Pour ma part essayant comme le suggérait Gramsci « d'allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté » je pense que la paix dans le Donbass est impossible sans un changement politique radical à Kiev qui doit voir l'Ukraine recouvrir une véritable indépendance politique et abandonner son europhilie et sa russophobie exacerbées et ridicules. Souvent les tragédies s'achèvent là où elles ont commencé et c'est je pense que c'est sur le Maïdan que doit prendre fin cette guerre insensée du Donbass, car à l'image du gouvernement Hollande au sujet du conflit syrien, jamais cet autre gouvernement corrompu et soumis qui est celui de Porochenko n'acceptera de changer le cap défini par les faucons de guerre de la ploutocratie mondialiste. 

Ce Nouvel Ordre Mondial risque malheureusement de nous montrer au cours des prochains mois qu'il n'est pas lié uniquement à la couleur du bureau ovale de Washington, mais qu'étant apatride il peut changer d'hôtel et surtout que son réseau militaro-industriel est toujours puissant et influent. 

Pour obtenir la paix dans le Donbass, 3 moyens : la paix, l'argent ou la guerre...
  • Seule l'Ukraine peut arrêter la spirale suicidaire engagée dans le Donbass et obtenir la paix par la paix en réalisant d'abord un vrai soulèvement populaire indépendant qui nettoierait le Maïdan des pantins étasuniens et de leurs idiots utiles aux svatiskas tatouées sur leurs crânes rasés et vides... Mais malheureusement cela me parait difficile d'une part à cause de l'attentisme atavique qui caractérise la mentalité des populations de cette région d'Europe, et d'autre part par le contrôle violent de la dissidence mis en place par le pouvoir totalitaire du Maïdan.
  • L'argent a toujours été le nerf de la guerre et dans le cas du Donbass, Kiev ne peut maintenir le déploiement de son armée sur le front que grâce aux aides occidentales dont on sait qu'elles sont détournées en grande partie pour supporter l'effort de guerre. Même si elle perd le contrôle de la Maison Blanche la ploutocratie continuera quand même d'exercer son pouvoir hégémonique via la FED, le FMI ou l'UE dont elle est le principal bailleur de fonds. Reprendre le contrôle de ces institutions financières internationales permettrait de tarir l'hégémonie belliciste des nèo-conservateurs et de briser leurs alliances.  Mais pour cela il faut du temps ce que n'a pas le Donbass. 
  • La guerre reste donc malheureusement l'option la plus plausible pour le moment pour atteindre la chute du régime de Kiev et cette paix dans le Donbass. Et ce chemin tragique pavé de tombes et de ruines est d'autant plus probable que Kiev, pris à la gorge par un jusqueboutisme suicidaire, menacé par ses radicaux, poussé par les néoconservateurs et l'inconnue d'une nouvelle politique étasunienne, semble vouloir jouer avec le Dieu Mars un quitte ou double insensé.
Un des nombreux blindés abandonnés par Kiev en 2014-2015 dans les "chaudrons"
Kiev a profité des accords de Minsk pour essayer de restructurer son armée qui avait été mise à mal suite à son abandon par les régimes oligarchiques de l'ère post-soviétique et laminée dans les "chaudrons" de la première année de la guerre. Dire qu'aujourd'hui la machine de guerre ukrainienne est complètement opérationnelle est une pure propagande que même les responsables ukrainiens reconnaissent quand il dénoncent les dysfonctionnements, les carences logistiques ou les pertes "hors combat" d'une armée démoralisée. Mais avec l'effondrement politico-économique de l'Ukraine et les revers intérieurs et extérieurs subis par les faucons de guerre étasuniens, Kiev joue désormais contre la montre et doit trouver une sortie de crise dont la meilleure porte est une récupération du Donbass rebelle.

Militairement, et il s'agit ici de temporiser les discours propagandistes, qui fusent des deux côtés du front, Kiev à l'initiative militaire sur le front et en particulier par des bombardements quotidiens de la ligne de front mais aussi des actions offensives réalisées à des échelons de bataillon mais qui réussissent cependant à "grignoter" progressivement du terrain, principalement dans cette espace neutre situé entre les 2 lignes de tranchées, et que l'on appelle la "zone grise". C'est ainsi que depuis la signature de "Minsk 2" les forces ukrainiennes ont avancé, certes que de quelques centaines de mètres, à Shirokino, Dokuchaievsk, Marinka, Peski, Yasinovataya, Debalsevo etc... créant à chaque fois des zones de contact (zone grise réduite à quelques centaines de mètres) ou le cessez le feu est quasiment impossible à faire respecter, d'où l'augmentation sensible des violations observées du cessez le feu. 

A noter que ces offensives ukrainiennes n'ont jamais mobilisé un effectif et des moyens très importants, montrant que leurs objectifs très réduits, à la fois dans les ressources et la profondeur du front traité, étaient surtout des provocations destinées a fixer des forces républicaines supplémentaires sur le terrain.

Parallèlement à cette pression militaire offensive mesurée, Kiev a organisé également des attentats au coeur de Donetsk et Lugansk, visant principalement des têtes des Républiques. C'est ainsi que l'emblématique commandant du bataillon Sparta, "Motorola" a été tué cette après 3 tentatives d'assassinat contre sa personne, le président Plotnitsky (Lugansk) a été blessé, et que plusieurs attentats contre le président Zakharchenko ont été déjoués.
L'ensemble de ces attaques ukrainiennes sur le front ou au coeur des Républiques constituent prioritairement des provocations lâches et meurtrières qui cherchent à obtenir une réaction d'envergure de la part des Républiques prétexte à relancer alors l'offensive ukrainienne dans le Donbass. 

En attendant, des forces républicaines de plus en plus importantes sont mobilisées autour de ces "zones de contacts" qui, même si elles ne cèdent pas, laissent l'initiative à Kiev qui peut jouer sur un rapport de forces qui lui est numériquement favorable (5 contre 1) pour fixer les réserves républicaines loin des axes potentiels d'une prochaine attaque (je pense principalement au secteur de Volnovakha-Telmanovo, au Sud de Donetsk).


Donc soit Kiev la brune jette l'éponge, forcée par la nouvelle direction étasunienne à respecter enfin le processus de paix signé à Minsk, soit n'ayant plus rien à perdre elle se lance dans un baroud d'horreur en déclenchant une vaste offensive dans le Donbass (même après l'investiture de Trump fin janvier), pour forcer la Russie (et sans l'attaquer directement comme ce serait la cas en Crimée) à intervenir sur un territoire qui sur le plan international est toujours l'Ukraine. 

Dans cette deuxième hypothèse il est vraisemblable que l'armée ukrainienne lance alors dans la bataille les unités d'artillerie et blindées qu'elle accumule depuis des mois sur la ligne de front et qui n'ont pas encore été employées dans les attaques réalisées.

Dans les 2 cas, ce sera bien la fin du processus de paix par sa réussite ou son échec définitif...


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya





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Bien à vous 

Erwan











jeudi 29 décembre 2016

On pourrait presque en rire !

Vol au dessus d'un nid d'ukropithèques !

Une fois n'est pas coutume, un petit article récréatif...


Généralement la fin d'une année civile est le temps des bilans...

Certains sont complexes et même parfois difficiles à faire, d'autres par contre comme celui de la "Verkhona Rada", le parlement ukrainien, ont l'avantage d'être vite "torchés" surtout pour ce qui concerne les interventions des "représentants du peuple" ukrainien qui doivent archivées directement dans le rayon tragi-comique des productions ukrainiennes de série "B".

Hier "Sputnik news" titrait un article récréatif : "Une soirée de fin d’année «musclée» chez Porochenko", narrant de pathétiques pugilats qui ont animé des réunions de la fraction "Bloc Porochenko" du parlement de Kiev...

Sur les réseaux certains commentaires ont aussitôt fusé : "Propagande du Kremlin", "fait divers honteusement généralisé", etc... etc... Certes, "Sputnik" est ce qu'on appelle un média "engagé" et qui ne ménage pas l'Ukraine Post Maïdan, aussi je suis allé voir sur la toile virtuelle ce qu'il en était vraiment de cette "habitude" qu'ont les parlementaires ukropithèques de se "foutre joyeusement sur la gueule" à la moindre occasion....

Mais pour ne pas être accusé à mon tour d'être un agent subversif à la solde du Kremlin semant calomnies et mensonges à tous vents, j'ai donc sagement utilisé "Google" ce moteur de recherche qu'on ne peut soupçonner d'avoir un webmaster qui se prénomme Vladimir !

Et pour pour ne pas influencer la recherche j'ai seulement tapé : "parlement ukrainien"...

Voyons le résultat des 4 premières pages soit pour 39 articles concernant le "parlement ukrainien" :

- 24 concernent des "bagarres", "bastons", "pugilats", "empoignades" soit 61,53 %
Pour les autres articles pas d'inquiétude : on y lit par exemple :
- "Le parlement autorise à tirer sur les déserteurs"
- "Un ex-néo nazi Président du parlement" ...


Bon, mais c'est peut-être juste un effet d'une sensiblerie sémantique exagérée... 

alors voyons maintenant du côté des photos proposées par Google pour la même recherche ! :
Cette fois 2 pages suffisent, car à part 6 photos toutes les autres nous montre un ring de boxe sans arbitre ! (soit 87.5%)



Côté vidéos on a que l'embarras du choix ! 

Quelques élans démocratiques des parlementaires ukropithèques pendant l'année écoulée:

16 juin 


21 octobre

14 novembre 


Voila donc comment fonctionne l'agora ukrainienne qui réunit le fleuron des "grands démocrates" selon les bouffées délirantes d'un BHL halluciné lorsqu'il visitait le Maïdan il y a 3 ans ! Et si on les écoute ce sont les russes qui ne sont pas civilisés !

Aujourd'hui ce cirque kiévien continue de plus belle, mais ne fait plus rire personne, car la guerre meurtrière qu'il a déclenché dans le Donbass laisse à penser que cette Verkhona Rada n'est même plus un pathétique "ring de boxe" mais plutôt un asile de fous dangereux à la haine psychotique subventionnée par les occidentaux...

Perso je suis favorable à ce que les députés ukrainiens soient armés pendant leurs séances parlementaires, car cela ferait concurrence à Hollywood et relancerait la sélection naturelle !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



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Erwan



Un village nommé Novoluganskoe

"A vaincre sans péril on triomphe sans gloire"
Pierre Corneille

En France le repos traditionnel de fin d'année est populairement appelé la "trêve des confiseurs", mais dans le Donbass cette année ce sont plutôt les artilleurs de Kiev qui les ont remplacé !


Situation générale du front

Dire que la "trêve des confiseurs" promises entre le 24 décembre et le 8 janvier est aujourd'hui globalement respectée est un euphémisme car les violations ukrainiennes du cessez le feu, même si elles sont nettement inférieurs aux jours précédents, n'en restent pas moins une réalité quotidienne pour les populations vivant sur la ligne de front. 

Cette vidéo commence par des images de Donetsk illuminé pour les fêtes de Noël
avant de plonger dans la ligne de front qui commence à 20 minutes de ce centre ville.

Ainsi pour la journée du 27 décembre, sur le territoire de la République de Donetsk 533 tirs ukrainiens ont été enregistrés ( soit une augmentation de 500% par rapport à la veille) dont 103 avec des calibres de 82 et 120mm, mais le plus inquiétant reste certainement l'arrivée continue sur le front de nombreux systèmes d'artillerie ukrainiens, et ceci en complète violation des accords de Minsk du 12 février 2015 qui demandent que:
  • les calibres de plus de 100 mm soient au delà des 50 km *, 
  • les calibres de plus de 200 mm au delà des 70 km (LRM Hurricane et Tornado) et 
  • les missiles balistiques au delà de 140 km.
* En septembre cette restriction a été élargie à tous les tubes d'artillerie (73mm, 82mm par exemple) ainsi qu'aux chars de combat.

Par exemple en face de Yasinovataya un autre carrefour stratégique situé juste au Nord de Donetsk, ont été observées depuis la trêve l'arrivée de Lance Roquettes Multiples "Grad" et nouveaux mortiers de 120 mm qui ont déjà effectué des tirs sur les positions républicaines entre Yasinovatay et Krasni Partizan (au Nord en direction de Gorlovka)

A noter également l'initiative des vétérans de l'ATO, un projet de blocus total de la frontière entre le Donbass et l'Ukraine par des volontaires est envisagée à partir des block posts de la ligne de front.  Mais la réalité des échanges économiques entre le Donbass et l'Ukraine, et qui continuent malgré la guerre risquent de voir ce projet soutenu par les radicaux échouer. Le Président Porochenko a lui-même reconnu que Kiev a toujours besoin du charbon des Républiques (qui elles ont besoin de le vendre...)


Mortier de 120mm en action
Et nouvelles destructions malgré la trêve de Noël

Du côté de Debalsevo, une pathétique "victoire" pour Kiev

Tandis que dans la ville de Debalsevo les services et les entreprises s'activent à réparer les 11 maisons, 2 jardins d' enfants , 1 école, 1 église et plusieurs infrastructures ferroviaires qui ont été endommagés du 19 au 24 Décembre par l'artillerie ukrainienne, les unités de défense qui ont été renforcées observent attentivement le secteur de Kalinovka où se sont déroulées les attaques mais aussi celui de Novoluganskoe...

Le 23 décembre 2016, dans la région de Debalsevo, alors que les ambulances improvisées continuaient d'évacuer vers des hôpitaux saturés les blessés de la pitoyable aventure offensive menée par Kiev, à quelques kilomètres à l'Ouest de Svitlodarsk une unité appartenant à un bataillon spécial investissait la petite ville de Novoluganskoe située près de la retenue d'eau de Vuhlehirske (qui sert de réservoir). Cette localité se situe normalement dans la "zone grise" cette bande située entre les lignes ukrainiennes et républicaines et sensée restée neutre.


Novoluganskoe au bord du lac artificiel de Vuhlehirske est une localité de 3000 habitants
L'annonce de cette "conquête" militaire a été claironnée par la propagande de Kiev en conclusion des opérations menées à l'est du lac de Vuhlehirske du 18 au 22, histoire de redorer un peu le bilan catastrophique de l'offensive menée par la 54ème brigade sur les hauteurs surplombant Kalinovka... Pour justifier une telle opération au milieu de la zone neutre, les ukrainiens ont accusé les forces républicaines de bombarder la ville de Svitlodarsk à partir des hauteurs situées au Sud du village de Novoluganskoe, à l'Est du lac. qui sépare les 2 localités.

De fait, 2 obus de mortier de 82mm ont bien été tirés sur le centre de Svitkodarsk, mais là où cela "coince" c'est que ce type d'arme a une portée de 3 km, exceptionnellement 4 à 5 km maximum avec des charges d'obus additionnelles. et qu'aucune position républicaine est en deçà d'un tel rayon d'action de la ville touchée ! Ce n'est pas la première fois que des unités ukrainiennes tirent dans leur propre zone pour accuser les républicains...

Donc une fois le "casus belli" organisé les ukrainiens ont investi le village ainsi que les hauteurs situées dans son Sud Est. Un blokpost et des retranchements ont aussitôt été organisés au Sud du village, tandis que l'unité au complet avec ses unités d'appui feu prenait position au milieu de la population utilisée comme un bouclier humain pour se prémunir d'éventuelles ripostes des unités républicaines.

L'unité qui a réalisé cette "glorieuse conquête" est le 46ème bataillon de "Spetsnaz" du Commandant Vyacheslav Vlasenko, anciennement bataillon spécial "Donbass" (il fallait au moins ça pour investir un village habité que par des civils !) haut fait d'armes au niveau de la réputation de cette triste unité coupable de nombreux crimes de guerre contre des civils.


Il faut noter ici que cette opération, qui constitue une nouvelle violation des accords de Minsk, a été réalisée au milieu d'une population civile et juste quelques heures avant l'entrée en vigueur de la trêve de Noël.

Commentant son opération sur le village, Vyacheslav Vlasenko,  le Commandant du 46ème bataillon "Donbass-Ukraine" a déclaré que l'armée ukrainienne en contrôlant cette localité a progressé de 3,5 km, et qu'elle n'était pas occupée par les républicains car ces derniers ne se sont rendus compte de cette avancée que 4 heures plus tard.

Aujourd'hui la situation de cette population peut rapidement devenir critique car, d'une part elle est de facto transformée en bouclier humain avec l'arrivée d'unités militaires qui prennent position avec leur artillerie au milieu des zones habitées, et d'autre part les contrôles qu'elle va subir via le block post militaire et les forces de sécurité occupantes, vont engendrer des représailles contre les familles dont des membres ont rejoints les forces armées républicaines.


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Avancée de l'armée ukrainienne dans la zone grise située au Nord Ouest de Debalsevo à Novoluganskoe à l'Est et Dolomitnoe le village agricole et station ferroviaire situé à 3km à l'Ouest où le 46ème bataillon s'est installée sur le site d'une porcherie 
Quelles conséquences ?

La prise de Novoluganskoe en elle même n'est pas plus un gain stratégique qu'une victoire militaire, cependant dans le contexte de réchauffement important de ce secteur particulier du front, et l'accumulation de matériels et unités d'assaut au niveau de ce village, on peut craindre que cet endroit puisse servir de base de départ pour une nouvelle offensive ukrainienne et d'ores et déjà de positionnement rapproché pour des unités d'artillerie.

Ce front de Debalsevo reste donc un secteur à surveiller attentivement au cours des prochaines semaines.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Source de l'article 

mercredi 28 décembre 2016

Kiev croit au Père Noël !

Quand la propagande cache l'échec de sa guerre contre le Donbass


Des victoires à la Pyrrhus maquillées par la propagande

En 2016, deuxième année des accords de Minsk, l'armée ukrainienne s'est illustrée par une recrudescence de ses attaques contre le Donbass, bafouant de plus en plus ostensiblement au fil des mois le processus de paix engagé signé à Minsk en févier 2015. 

Tout d'abord, ce sont les bombardements sur le Donbass qui ont repris crescendo depuis l'été jusqu'à atteindre ces dernières semaines des pics de plus de 3000 violations quotidiennes du cessez le feu. Ces pilonnages concernent essentiellement la bande de la ligne de front mais du fait qu'ils se concentrent sur les lignes de contact qui sont principalement dans les zones urbaines (Dokuchaievsk, Marinka, Yasinovataya, Gorlovka...) ou sur des villages situés en première ligne (Peski, Spartak, Zaitsevo, ominternovo etc...) de nombreux tirs frappent les quartiers résidentiels qui sont souvent d'ailleurs sciemment pris pour cible.

Mais 2016, par rapport à l'année précédente (exception faite du secteur de Marinka en juin 2015) a surtout été caractérisée par un retour des opérations offensives terrestres ukrainiennes, reconnaissances offensives ou attaques localisées qui ont augmentées la pression et fait naître de nouvelles ligne de contact où les belligérants ne sont qu'à quelques centaines de mètres les uns des autres. 

De ces opérations ukrainiennes multiples qui se sont déroulées sur tout le front de Donetsk et Lugansk 3 secteurs particulièrement sensibles apparaissent: Yasinovataya (Nord Donetsk) Debalsevo (Est Gorlovka) et Kominternovo (Sud DNR). Dans ces 3 secteurs, les ukrainiens ont investi la "zone grise" jusqu'aux lignes républicaines sur lesquelles elles lancent régulièrement des assauts localisés qui même s'ils sont systématiquement repoussés et subissent de lourdes pertes ont réussi à "grignoter" cette zone, normalement neutre qui se situe entre les lignes.

Stratégiquement, ces attaques se soldent par des échecs car aucun de leurs objectifs n'a été atteint: 
  • Au Nord de Donetsk, à Yasinovataya, la route menant à Gorlovka, même si elle a du être coupée à la circulation sur un petit tronçon, n'est pas atteinte par les "ukrops". 
  • Dans le Sud, les villages de Sahanka ou Kominternovo ne sont pas tombés face aux assauts blindés menés principalement par le régiment Azov, 
  • Dans le Nord, sur la front de Debalsevo les 2 attaques importantes que Kiev a lancé (28 juin et 18 décembre) ont été repoussées par des contre attaques républicaines.
Tactiquement, ces attaques répétées donnent lieu cependant à de petites avancées réalisées sur le terrain par  les "ukrops", dont la propagande, pour cacher ses échecs militaires et justifier ses pertes importantes claironne haut et fort qu'elles sont le début de la reconquête du Donbass par Kiev ! 


"Mètre par mètre, nous commençons à libérer le territoire occupé ... 
Je suis convaincu que l'année 2017 sera un tournant à cet égard"

Oleksandr Turtchinov, Secrétaire du Comité de Défense et de Sécurité nationale de l'Ukraine
Tourtchinov le "père" de la guerre contre le Donbass, en visite sur le front (avec un fusil d'assaut israélien Tavor  21)
En réalité ces avancées insignifiantes ne sont des "victoires à la Pyrrhus": 
  • car d'une part elles se révèlent très coûteuses en hommes et en matériel, et n'enlèvent aucun objectif stratégique d'une ligne de front qui reste toujours figée sur les mêmes points d'appuis tactiques. 
  • D'autre part ces attaques créent de nouvelles "zones de contact" mais qui sont beaucoup plus inconfortables aux ukrainiens qu'aux républicains qui quant à eux, restent à couvert sur des positions défensives renforcées.
  • Lorsque la "zone grise" est large elle est souvent investie par les unité de Kiev jusqu'à ce qu'elles soient au contact des lignes républicaines et parfois cela se fait sans combat, comme le village de Novoluganskoe, investi ces derniers jours.
La seule conséquence qui peut intéresser Kiev dans cette évolution de la situation c'est qu'elle participe à rendre encore plus difficile l'application du protocole de Minsk, jusqu'à son sabotage pur et simple, qui apparaît aujourd'hui comme l'objectif majeur du gouvernement Porochenko. En effet lorsque les tranchées opposées sont à vue l'une de l'autre, et à portée de tir des armes légères, il est quasi impossible d'y faire régner un cessez le feu. Dernier exemple en date, aujourd'hui 28 décembre 2016, des snipers ukrainiens ont ouvert le feu sur les positions tenues par une unité de la République de Lugansk à Novoaleksandrovka.


En 2017, Kiev est obligé à jouer un quitte ou double dans le Donbass

Kiev est donc cloué à la fois sur une ligne de front qui lui est meurtrière à chacune de ses attaques, et dans un discours propagandiste qui ne peut reconnaitre que l'opération spéciale anti-terroriste est un échec total s'en entraîner aussitôt la chute du régime pro occidental qui l'a décidé. En effet si depuis 2 ans la guerre est un prétexte justifiant les échecs socio-économiques et bricolant bon an mal an une union sacrée face à une menace russe de plus en plus mythique, le vin a tété tiré jusqu'à la lie et la majorité des ukrainiens demandent à ce que cette guerre insensée se termine. 

Or cette guerre, Minsk ou pas Minsk, ne peut s’arrêter là mais s'il y a un statut quo de la situation et principalement par rapport aux territoires occupés du Donbass (Mariupol, Slaviansk etc...) que Kiev refusera de libérer au profit de Donetsk et Lugansk et que les Républiques (je l'espère) refuserons toujours d'abandonner à l'Ukraine. 

La solution la plus intelligente (et démocratique) serait de demander à la population de ces territoires de quel côté elle veut être rattachée, mais au vu des dernières élections locales où les partis pro-russes ont gagné les municipales, cela m'étonnerait que Kiev accepte d'être humilié à nouveau.

La deuxième raison est la viabilité des Républiques qui certes ont une frontière avec la Russie mais qui sont économiquement affaiblies avec la perte des régions Nord (Slaviansk Sieverodonetsk notamment) et de Mariupol au Sud qui est leur port économique...

C'est justement sur ce point crucial que le Président Zakharchenko a rappelé récemment que la zone référendaire que doit traiter les accords de Minsk s'étend normalement à "toute les régions de Donetsk et Lugansk" et pas seulement aux zones qui ont fait séparation et s'en sont détachées. 

La paix ne pourra donc s'obtenir que par un retrait politique ou un repli militaire de l'armée ukrainienne au delà des frontières des anciens oblasts (régions) de Donetsk et Lugansk. Militairement les Républiques n'ont pas les moyens d'attaquer mais peuvent continuer à infliger des saignées importantes à l'ennemi lorsqu'il s'aventure au delà de ses lignes. 

Le temps risque donc de peser dans la balance des décisions politico-militaires des premières semaines de 2017, car s'il joue en faveur des républiques solidement ancrées sur leurs positions défensives, en revanche il n'est pas favorable aux autorités ukrainiennes qui voient pendre au dessus de leurs ambitions bellicistes une épée de Damoclès nommée Trump et qui risque fort de devenir un couperet après l'investiture de la nouvelle équipe étasunienne qui veut "calmer le jeu" avec Moscou et se désengager du théâtre militaire européen.

Les premières semaines de 2017 risquent donc d'être une période particulièrement dangereuse pour le Donbass, car Kiev, qui vient de recevoir une nouvelle tranche du FMI peut être tentée par un quitte ou double dans cette guerre qui doit évoluer, sachant que le soutien de Washington risque de s'évaporer très bientôt, si Trump respecte ses engagements 


Kiev se prépare t-il à un baroud final ?


Sous couvert de la trêve de Noël que d'ailleurs ses troupes déployées sur le front ne réussissent pas à respecter, l'armée ukrainienne est en train de déployer des unités d'assaut et des systèmes d'artillerie au plus près du front. 
Ainsi par exemple à Novoluganskoe, ce village théoriquement dans la zone neutre mais investi par un bataillon spécial, des unités d'artillerie et des blindés ont été déployés par Kiev. Ailleurs, ce sont des Lances Roquettes Multiples qui se sont positionnés en face de Donetsk et Gorlovka (au total 12). Ces systèmes d'armes qui avaient été quasiment tous retirés du front en 2015 à cause de rupture des stocks de munitions, ont été redéployés depuis cette année, et Tourtchinov révélait récemment que la nouvelle usine fabriquant leurs roquettes était depuis peu entrée en production et alimentait à nouveau le front du Donbass.

Beaucoup s'imaginent qu'après l'investiture de Trump; Kiev sera neutralisée dans ses objectifs agressifs contre le Donbass. Rien n'est moins sûr car si Porochenko est effectivement aux ordres de l'équipe Obama il est surtout la marionnette des néoconservateurs et de la ploutocratie mondialiste qui elle, autonome et apatride, contrôle encore beaucoup des ressources politico-économiques étasuniennes et surtout européennes pour neutraliser Trump et poursuivre à partir d'autres bases, sa stratégie russophobe.

Donc le risque de guerre, tant que ce régime de paille sera nourri par les vampires de la finance internationale, sera persistant, même après l'élection de Trump car il reste toujours au dessus des projets pacifiques la politique du fait de guerre accompli et du jeu des alliances qui peuvent entraîner malgré lui le Monde dans une nouvelle guerre européenne.

En attendant les roquets de guerre de Kiev, malgré leurs défaites ininterrompues espèrent toujours reconquérir militairement le Donbass... En cette période de Noël, nous ne pouvons retirer à Porochenko, Tourtchinov and Co le droit de rêver, mais juste leur rappeler que "Errare humanum est, perseverare diabolicum" !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya 

LRM de 122mm BM 21 "Grad" 


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