mercredi 31 août 2016

Une offensive ukrainienne qui bégaie

Nouveau bombardement délibéré d'un poste d'observation du 
Centre Commun pour le Contrôle et la Coordination de la trêve

Obus de mortier de 122mm non explosé 
Au cours de la journée passée (30 août) l'artillerie ukrainienne a tiré 404 fois sur le territoire de la République de Donetsk, 2 tués 4 blessés et 35 maisons endommagées ont été signalées.

Le soir du 30 août 2016, à environ 20:00 l'artillerie ukrainienne a de nouveau bombardé dans le village d'Aleksandrovka (Sud Ouest de Donetsk) un poste d'observation du Centre Commun pour le Contrôle et la Coordination de la trêve. Le bombardement réalisé par des mortiers de 120mm ukrainiens positionnés à Marinka a duré environ 10 minutes et les officiers russes ont du évacuer leur poste. C'est le quatrième bombardement délibéré d'un poste d'observation du CCCC, le précédent avait eu lieu sur le poste de contrôle de Yasinovataya

Aleksandrovka au Sud Ouest de Donetsk

Au cours de ce bombardement 1 femme civile de 36 ans a été blessée et 3 maisons d'habitation endommagées. Au cours de la soirée de nouveaux bombardements ont frappé Aleksandrovka vers 22h00, et jusqu'au milieu de la nuit.

Maison détruite à Alexandrovka
Ailleurs d'autres bombardements ont frappé les territoires des Républiques de Donetsk et Lugansk, notamment à Yasinovataya (Nord de Donetsk) ou 2 civils ont été tués, une femme de 30 ans a été tuée rue Skolnaya, et un homme de 38 ans qui amputé par des éclats est décédé à l'hôpital.

Nuit du 30 au 31 août, Bombardement de Yasinovataya
video

Destruction à Lugansk par l'artillerie ukrainienne dans la nuit du 30 au 31 août 2016


Concernant les attaques terroristes observées depuis 1 mois en Crimée et dans les Républiques du Donbass, les services de renseignements ont encore confirmé qu'il s'agit bien d'un programme orchestré par les services spéciaux ukrainiens comme par exemple ces 3 femmes formées par le Ministère du Renseignement et soupçonnées opérer dans le Donbass pour commettre de nouveaux attentats et organiser des réseaux clandestins.
Eduard Bassourine, le porte parole du Ministère de la Défense a rappelé concernant ces agents ukrainiens et leurs éventuels complices que leurs actes sont passibles de la peine capitale dans le cadre de l'application de la loi martiale, qui en vigueur depuis la guerre.



Où il est question d'un nouveau cessez le feu (?)

Tandis que le régime de Kiev maintient ses campagnes de bombardement quotidien sur le Donbass, achemine en permanence de nouveaux matériels d'assaut, lance des attaques terroristes au coeur de Donetsk et organise une nouvelle vague de mobilisation (la 7ème en 2 an), le groupe de contact à Minsk a insisté pour que soit mis en oeuvre un cessez le feu à partir du 1er septembre. Ceci n'est pas vraiment une nouveauté car suite eux bombardements des écoles réalisés en 2014, à l'occasion de la rentrée scolaire de 2015, les autorités avaient déjà obtenu une trêve, plus symbolique que constructive car malheureusement de très courte durée...


Si les bombardements sur les quartiers résidentiels et les positions républicaines connaissent depuis 2 jours une nouvelle diminution, il restent toujours importants et meurtriers, et même on peut observer proportionnellement une augmentation des victimes de l'artillerie ukrainienne, car cette dernière utilise de plus en plus l'appui de drones d'observation qui corrigent ses tirs.

Dans le Sud de la République entre Donetsk et Novoazovsk, la zone grise est depuis quelques semaines le théâtre d'affrontements de plus en plus violents entre les forces républicaines soumises aux bombardements ukrainiens et leurs unités d'assaut qui cherchent à occuper les villages en les détruisant préalablement.

Bien sûr la propagande occidentale refuse d'admettre le caractère génocidaire des bombardements ukrainiens, et pourtant c'est une réalité que chacun peut découvrir en fouillant du côté des "ukrops" (pour ne pas se faire traiter de "propagandistes moscovites")

Ici par exemple, sur cette vidéo d'archives diffusée récemment par les membres de la 79 brigade ukrainienne, on entend les soldats excités par les bombardements de leur artillerie sur Dibrovka en République de Donetsk crier "Artilleurs, tirez dans les rues, il faut détruire le village !"

Il n'y a plus que les imbéciles et les fanatiques (cumul autorisé) pour prétendre encore que Kiev ne viole pas les accords de Minsk, ne tire pas sur les civils du Donbass...
Ces excités ponctuant tous les 3 mots leurs commentaires de borborygmes grossiers sont les dignes héritiers des soudards qui il y a quelques siècles hurlaient devant Béziers "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !"
Il suffit juste de remplacer Arnaud Amaury par Porochenko, dieu par Washington et la "religion de l'amour"par le dogme des "droits de l'Homme" et le tour est joué !

Depuis 1208 l'Homme ne semble pas avoir vraiment soigné sa folie !



De toute évidence Kiev hésite a lancer son offensive dont elle connait déjà la conclusion désastreuse pour son armée, car la probabilité est de plus en plus grande de voir les forces républicaines, non seulement repousser seules les forces ukrainiennes mais aussi de lancer une contre offensive qui libérerait les territoires occupés. 
Dans un tel scénario, le sacrifice du mouton kiévien sur l'autel des faucons de guerre de Washington qui veulent entraîner la Russie dans une guerre en Europe ne servirait à rien. Et quand bien même les résultats de l'attaque initiale inciteraient-ils Moscou a intervenir militairement pour protéger la population du Donbass, il n'est pas sûr que l'OTAN (déjà empêtré ailleurs) ne réitère pas le scénario de 2008 en Géorgie et refuse de rentrer dans la danse macabre pour les beaux yeux d'une Ukraine déjà moribonde...

D'autres facteurs interviennent pour expliquer ce bégaiement ukrainien de la situation militaire : la crise syrienne, l'échéance électorale étasunienne, les aides financières et militaires en attente etc...

Porochenko entretient donc cette guerre à feu doux jusqu'au dernier moment où lorsqu'il n'aura plus rien à perdre il jouera la carte de la guerre ouverte comme son dernier va tout suicidaire...

C'est la politque du "2 pas en avant 1 pas en arrière"


Le scénario russe, inévitable en Crimée, possible dans le Donbass 

Car cette hypothèse d'une confrontation militaire entre Moscou et Kiev (avec ou sans le soutien de forces de l'OTAN), serait pour cette dernières un véritable massacre tant la l'armée dépasse en nombre et en technologie et en force moral cette armée ukrainienne qui n'est que ruines d'une armée soviétique des années 80, jamais entretenue depuis l'indépendance.

Soit l'Ukraine attaque la Crimée donc la Russie et alors la riposte sera maintenue jusqu'à la défaite totale du régime de Porochenko, soit c'est le Donbass qui est visé et son armée débordée,. Dans ce cas la Russie, qui est garante des accords de Minsk opérera des frappes limitées et ciblées sur les unités ukrainiennes engagées dans cette violation grave de la trêve, probablement jusqu'à la libération des territoires occupés et en évitant au maximum les combats d'infanterie.

Dans les 2 cas, la Russie avant de lancer sa contre-attaque, opérera selon la procédure internationale en usage (conseil de sécurité de l'ONU, ultimatum etc...) C'est dans cet esprit privilégiant toujours les résolutions diplomatiques aux réponses militaires que Moscou a déclenché au moment où une offensive de Kiev semblait imminente dans le Donbass une mise en alerte maximale et dissuasive de ses forces frontalières avec l'Ukraine.


Alors que la guerre avance à pas lent mais sûrs, on voit se jouer les dernières cartes diplomatiques pour tenter de forcer Kiev a respecter les accords signés à Minsk et s'engager vers un processus de paix. Et pour donner toutes ses chances à cet espoir de paix, Moscou a même changé son équipe diplomatique avec la nomination de Mikhail Babich, le nouvel ambassadeur russe en Ukraine et d'un nouveau représentant spécial dans le groupe de contact de Minsk, Boris Gryzlov, qui est surtout un membre permanent du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.

Mais là encore, poussé par une russophobie hystérique, Kiev continue de fermer la porte des négociations en refusant par exemple d'accréditer Mikhail Babich à son poste diplomatique à Kiev. Comme en Syrie ou Libye par exemple, les marionnettes mises en place en Ukraine tout en protégeant le cordon ombilical qui les nourrit, coupent une par une les ficelles de la cohérence et deviennent des chiens fous irrationnels et incontrôlables qui, par une politique belliciste et suicidaire, vont eux mêmes vers l'abattoir...

Espérons que les pays européens coupent la laisse à laquelle les Etats les ont enchaînés à Kiev pour que ces chiens enragés du Maïdan aillent tout seuls vers leur massacre.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Source de l'article : 

Le Saker francophone, le lien : ICI

L'analyse de Oleg Tsarev

Un avenir nommé Novorossiya !


Voici une analyse très intéressante de Oleg Tsarev, un des artisans de la résistance anti-maïdan de la première heure.

Analyse de la situation du Donbass, de l'effondrement de l'Ukraine, et de l'espérance portée par le projet de la Novorossiya qui depuis le printemps 2014 attend de pouvoir offrir d'Odessa à Kharkhov, une liberté reconnue aux peuples russes de cette région à la croisée de l'Europe et de l'Eurasie...

Source de l'article : DONi Press

L'effondrement de l'Ukraine est inévitable et nécessaire 
et le projet de la Novorossia n'est qu'en suspens


Oleg Tsariov - 31 Aug 2016     

Un certain nombre d'événements significatifs ont eu lieu durant le mois écoulé : le sabotage en Crimée, l'escalade continue dans le Donbass, l'augmentation de l'intensité des attaques, l'agitation à Kiev comme tentative de sauver les criminels du bataillon "Tornado", la déclaration de Savchenko etc. Nous voyons tous que la situation se rapproche d'un point particulier que les historiens et les sociologues appellent un point de bifurcation - un moment historique particulier qui offre différentes options et possibilités d'évolution de la situation en Russie et en Ukraine, et aussi en Novorossia. Notre invité, qui a gentiment accepté de répondre à un certain nombre de questions, n'a pas besoin d'une introduction - interview avec Oleg Tsariov.


Quel est votre point de vue sur la situation aujourd'hui ?

Premièrement, concernant les événements en Crimée. J'ai été appelé par les parlementaires ukrainiens par intérim à de multiples reprises qui m'ont demandé si les proches des (soldats) morts avaient été montrés. Je leur ai dis que ce n'était pas le cas. Ils ont répondu que c'était bien, cela veut dire que cela ne sera pas utilisé par la Russie comme un casus belli, un prétexte pour déclencher la guerre, et qu'il n'y aura pas de réponse armée de la part de la Russie. Que ce soit bon ou pas, il est fort probable en effet qu'il n'y aura pas d'intervention armée de la Russie contre à l'Ukraine dans l'immédiat.

Mais je pense que Vladimir Poutine, Moscou, et le Kremlin utilisent cette situation pour changer leurs relations avec l'Ukraine, pour changer de rhétorique. On peut ne pas être d'accord avec cela, en débattre, ou de ne pas l'accepter, mais le Kremlin et Moscou ont accepté les résultats des élections du Conseil Suprême, ont accepté l'élection de Porochenko. Poroshenko a été accepté en tant que président, ils ont mené des négociations avec lui, comme avec le président sortant.

Et on voit maintenant un changement de rhétorique dans le discours de Vladimir Poutine. « Maintenant ces personnes qui sont illégalement au pouvoir, qui volent leur peuple et continuent la guerre civile ». De mon point de vue, initialement la légitimité de Porochenko était bien plus faible que celle des présidents Plotnitsky et Zakharchenko. On peut dire la même chose de la Verkhovna Rada. C'est pourquoi je considère que la question est formulée d'une manière appropriée. Il est dommage qu'une telle décision n'ait pas été prise dès le départ.

Mikhail Zourabov a toujours été d'une certaine façon un lobbyiste de Petro Porochenko. Et le remplacement de Mikhail Zourabov montre que le Kremlin change de politique et de rhétorique envers Porochenko. Déjà en 2012, je me souviens, à une table ronde MGIMO, lors d'une conversation, Zourabov a convaincu tous les participants que Petro Porochenko serait président. À l'époque, personne ne pouvait encore l'imaginer. Il a essayé de les convaincre qu'il était le meilleur choix pour la Russie, car il ne franchirait jamais les trois lignes rouges : la première - l'OTAN, la seconde - Sébastopol, et la troisième - l'église orthodoxe.

Mais maintenant, Porochenko a franchi toutes les lignes rouges. En conséquence de quoi Mikhail Zourabov a été démis de son poste d'ambassadeur de la fédération de Russie en Ukraine. Et je pense que Petro Porochenko est devenue la personne avec qui la Russie ne peut plus serrer la main.

Concernant la situation en Ukraine. La situation en Ukraine est compliquée. Porochenko a concentré tous les pouvoirs dans ses mains. Et, surtout après avoir mis ses affiliés en place, et non pas ceux qui ont été recommandés par les Américains, et en faisant ainsi, il s'est retrouvé seul contre tous. Et sa position est pas simple. Il s'appuie sur le Bureau du Procureur (Loutsenko), l'armée, et le SBU. Mais dans un pays qui a toujours été dirigé par les oligarques, plus les bataillons de radicaux qui s'y ajoutent désormais, plus les États-Unis qui ont une influence sérieuse dans le pays - tout cela complique encore plus la situation.

Je pense que si, dans un avenir proche, l'armée ukrainienne attaque le Donbass, la milice populaire ne pourra pas s'arrêter aux frontières des régions de Donetsk et Lougansk. Ils ne s'arrêteront certainement pas aux frontières enregistrées par les accords de Minsk lorsque aura lieu la contre attaque. Mais peut importe quelle est la situation, je pense que la Russie devrait comprendre que : la situation avec l'Ukraine est très exactement une réminiscence de la situation en Tchétchénie à l'époque d'Eltsine. À l'époque, suite à la pression internationale sur la Russie, elle a été forcée de stopper la guerre en Tchétchénie pour obtenir un prêt du FMI. Et continuer une vie normale en Russie sous le slogan « Les Tchétchènes vivent comme ils veulent, et nous vivrons comme nous voulons » n'a pas marché.

Et maintenant, l'Ukraine ressemble de plus en plus à la Tchétchénie de cette époque. Avant la deuxième guerre de Tchétchénie les soutiens de Doudaev n'en étaient pas à leur première tentative de s'aventurer en dehors des frontières de la Tchétchénie. Car lorsqu'ils ont été laissés au sein des limites de ces frontières, ils ont d'abord volé le peuple, puis le territoire. C'est alors que des conflits ont commencé à éclater entre les clans et les dirigeants de la république tchétchène, et ils ont du déclencher une nouvelle guerre, sans cela c'est une guerre civile qui aurait commencé. Et c'est là que les incursions hors des frontières de Tchétchénie ont commencé. Maintenant, l'Ukraine est dans la même situation. Et de la même manière, tôt ou tard, il est nécessaire de comprendre qu'un jour l'Ukraine nous prendra par surprise, et que peut-être non seulement la Russie, mais aussi la communauté internationale, seront obligées de venir ramener l'ordre sur leur territoire.


Vous avez fait une comparaison entre l'Ukraine et la Tchétchénie, et je voudrais clarifier les choses : en Tchétchénie il y avait une plus ou moins une certaine unité - à la fois nationale et religieuse. Alors qu'en Ukraine, actuellement, cela ne fait aucun sens de parler d'Ukraine unie, même sans le Donbass et la Crimée, nous avons la Galicie, dans laquelle les tendances séparatistes sont très fortes, nous avons la Volhynie qui ne veut qu'une chose - pouvoir exploiter les gisements d'ambre sans que Kiev ne les poursuive, nous avons Odessa où Dieu seul sait ce qui se passe avec la redistribution des flux de trafic. Est-il possible de parler actuellement d'une quelconque Ukraine unie, lorsque même l'état dirigé par Porochenko ne contrôle pas ses régions ?

C'est le territoire uni de la catastrophe. C'est dans ce sens que ce territoire est uni. Le territoire dans lequel les problèmes grandissent de façon catastrophique. Et à l'automne nous pouvons nous attendre à une escalade du conflit car les gens ont déjà reçu leurs factures d'eau chaude et dépensent la moitié de leur salaire pour la payer. Alors qu'est-ce qui arrivera quand ils recevront leurs factures de chauffage ?

À Dnipropetrovsk, les expulsions de personnes ne pouvant plus payer leurs charges municipales ont commencé. Là-bas le maire – un adjoint de Kolomoisky – s'en charge. Son approche de type Privatbank est quelque peu rigide : vous ne pouvez pas payer vos charges - au revoir ! Les gens sont expulsés de leurs appartements. Et ces défauts de payement se répandront partout, cela voudra dire que 70 % de la population ne pourra plus payer ses charges dans une situation comme celle d'aujourd'hui.

Bien sûr, la situation va empirer. Il faut aussi bien comprendre que pour que le gouvernement ukrainien puisse garder le pouvoir au milieu de ces contradictions et problèmes, la guerre sera la meilleure solution. Il faut bien comprendre que Porochenko est comme un animal blessé, malade, et acculé, qui va se jeter sur tout le monde. Et c'est extrêmement dangereux. C'est dangereux pour les gens qui vivent en Ukraine, mais c'est aussi dangereux pour les pays voisins. Il ne va pas se jeter sur la Pologne ou la Hongrie, mais il va organiser des incursions et des provocations sur les frontières avec la Russie, ainsi que les Républiques de Donetsk et Lougansk.

Je suis dans la politique ukrainienne depuis 20 ans, et j'y ai beaucoup d'amis, y compris parmi le personnel des agences de renseignement. Et là les jeunes me disent qu'ils ont été forcés d'aller il y a un an et demi sur le territoire de la région de Belgorod (en Russie, proche de la frontière avec l'Ukraine, dans les environs de Kharkov). Ils sont sortis, ont mis leur attirail, pris leurs armes, fait une marche, ont franchi la frontière, ont longé une certaine route de nuit et sont revenus. N'importe qui comprend l'objectif de cette préparation.

Les provocations n'auront pas lieu seulement en Crimée. Maintenant que c'est arrivé c'est plus facile pour la Crimée, je pense que les conclusions seront tirées, et la frontière maintenue sous contrôle renforcé. C'est un petit isthme et le garder sous contrôle est facile. Mais la frontière de l'Ukraine avec la Russie - soit les deux tiers de la frontière ukrainienne - est extrêmement difficile à garder sous contrôle. Et il y aura des provocations tout le long de la frontière. Il faut bien comprendre que plus la situation en Ukraine va empirer, plus il y aura de provocations.


Il y a un autre point que je voudrais aborder. Depuis quelques jours, une image circule sur internet, prise par un héros inconnu, sur laquelle on peut voir Avakov, Nalyvaichenko, et Iatseniouk, soudainement revenu, et une rumeur se répand disant qu'actuellement à Kiev dans un étage d'un certain hôtel…

Au 17e étage de l'hôtel Kiev. Cet hôtel appartient à la Verkhovna Rada. Je ne divulguerai pas mes sources mais il se trouve que désormais je communique presque chaque jour avec des députés de Donetsk, Lougansk et Kiev qui sont présents et agissent, et une grande quantité d'informations me parvient. Comme cet hôtel est la propriété de la Verkhovna Rada, le fait que tout l'étage est occupé et isolé commence à soulever des questions. Lorsqu'en dessous, près de l'ascenseur, un agent de sécurité apparaît, cela commence aussi à soulever des questions. Et bien ce sont mes amis qui ont obtenu la réponse. Je ne sais pas qui d'autre a des bureaux là, mais à cet étage là se trouvent les bureaux de Parubiy et Avakov. Des travaux sont actuellement en cours, des bureaux sont en train d'être préparés pour eux.

Je pense que si nous regardons qui d'autre va s'installer dans un bureau à cet étage, alors nous aurons approximativement la structure d'un quartier général, qui s'appellera lui-même du nom d'une nouvelle administration ou un quartier général de conspirateurs, je ne sais pas comment l'appeler. De fait, aujourd'hui, les groupes armés de radicaux sont sous la direction d'Arsen Avakov. Les communications avec les États-Unis et l'Europe - c'est Arseni Iatseniouk.

Lorsque Groysman est arrivé aux États-Unis, il n'est allé nul part, on lui demandait, « Et où est Arseni Iatseniouk ? » Arseni l'a amené dans quelques bureaux et c'est tout. Groysman était choqué. La personne du nouveau pouvoir pour l'Occident est clairement Arseni Iatseniouk. De plus, sir les nazis organisent un coup d'état, ce sera Arseni Iatseniouk qui sera à sa tête, mais vous ne pourrez pas prouver que c'est un coup d'état nazi. Est-ce possible ? Arseni Iatseniouk avec des radicaux ? Comment un juif peut-il mener un coup d'état nazi et être à sa tête ?


Mais nous avons l'exemple d'Igor Kolomoisky, qui a ouvertement armé des unités nazies...

Je ne suis pas un antisémite et je peux en parler très facilement. Mais très souvent lors de conversations avec des politiciens occidentaux, ils disent : « Quoi, que dites-vous à propos des nazis ? Regardez la Verkhovna Rada, regardez toutes les autorités ukrainiennes - où est le nazisme ? »


Il y a là une sorte de syncrétisme bizarre que l'esprit ne peut pas comprendre...

Je pense que cela sera utilisé comme argument. Certains pensent que s'il y a un coup d'état nazi, le monde entier tournera le dos à l'Ukraine. Mais moi je pense que ce n'est pas fini, de tels arguments seront utilisés. Cependant, je vais vous dire qu'à Lvov, il y a deux semaines, il y a eu des incidents dans les cimetières juifs, et la décision des autorités locales a été de ne pas informer les médias de ces affaires, afin qu'elles ne sortent pas et ne provoquent pas de nouvelles violences.

Mais néanmoins, l'antisémitisme grandit en Ukraine de l'Ouest, à Lvov, Ternopol, et Ivano-Frankovsk. Qui plus est, d'une façon brutale, explosive. Les physiciens comprendront l'expression « méthode explosive », qui signifie que les paramètres changent légèrement et le résultat est bien plus violent. C'est de cette façon qu'a lieu l'augmentation de l'antisémitisme et des sentiments anti-juifs en Ukraine. Et tôt ou tard, je pense, cela touchera aussi ceux qui essayent de gagner de l'argent avec la guerre civile dans le Donbass.


Revenons à Petro Porochenko. Il perd le contrôle du pays, et il est dans une situation où l'opposition pro-Américaine se trouve près de lui en la personne de Parubiy, Avakov, Iatseniouk…

Et l'ambassade américaine a une position qui n'est pas claire. Prêtez attention à cela : ce n'est pas à l'Ukraine qu'ils ne donnent pas d'argent, c'est à Porochenko. C'est pour cela que la situation n'est pas simple. Et les paris sur cette opposition ne sont pas seulement faits avec de l'argent. Il est après tout un pur homme d'affaires, il a toujours eu de l'argent, et il voulait en gagner tellement plus, en tant que président il a souvent agi comme un homme d'affaires, et cela a été sa plus grosse erreur.

Mais dans ce cas, la mise pour lui n'est pas l'argent, la mise est sa vie. Si Yanoukovich a réussi a se cacher, à disparaître, il aura du mal à faire de même. L'occident n'en voudra jamais, et la Russie a montré lors de ces événements récents, ses dernières déclarations, qu'il n'y aura pas non plus de place pour lui à Rostov. Ni à Lipetsk. Et ce, même s'il construit une nouvelle usine en Russie.


Mais je veux dire que, dans une telle situation, afin de maintenir ensemble certaines parties de la société, Porochenko pourrait essayer de lancer une offensive dans le Donbass.


Vous vous souvenez comment dans le film « Ivan Vasilievich change de profession », les troupes ont été envoyées à la guerre afin qu'elles n'apprennent pas que le Tsar était faux.


En clair, pour parler en langage des échecs, il est à la fois dans un Zugzwang (coup où le joueur est obligé de jouer un coup qui le fait perdre ou dégrade sa position), et en Zeitnot (en détresse, en urgence). Et quoi qu'il fasse, tout ira mal. Et à la fin on peut s'attendre de sa part à des absurdités extrêmes.

Ce ne sont pas des absurdités. Il n'a tout simplement aucune sortie possible. Je connais personnellement Petro Porochenko depuis longtemps, et je le connais bien. Quoi qu'il dise, c'est un homme intelligent et plutôt fort. L'Ukraine n'a jamais eu un tel président. Je ne discuterai pas de ses qualités morales car je le considère comme un criminel. Et un criminel évident qui devrait être jugé et publiquement. Mais le fait est qu'il n'est pas fou. Je vous le garantis.

Personne ne contestera cela car il maintient la situation depuis plus longtemps qu'on n'aurait pu s'y attendre. Mais, néanmoins, si cet assaut sur le Donbass a lieu, qui se terminera par une défaite sans ambiguïté, la question se pose...

Pour lui il est préférable d'être vaincu et de perdre quelques territoires, mais le temps de la guerre lui donnera un délai, un peu de temps. C'est pour cela qu'il est prêt à payer, avec les vies des ukrainiens et les territoires de l'Ukraine, ce temps gagné, qui lui permet de rester au pouvoir. Et donc, voilà quelle est la situation. J'ai parlé avec des miliciens, et malgré les pertes de leurs amis, les attaques, les blessures, etc, ils n'ont aucun plaisir à tuer un ukrop de plus. Parce qu'ils comprennent qu'ils tuent les leurs.

Et le pouvoir à Kiev est dans une autre situation. Ils créent maintenant un panthéon de héros, une telle obélisque de haine envers la Russie, sur la base de laquelle elles veulent mettre tous les morts. De véritables nécromanciens. Une véritable magie de haine faite avec du sang, et plus il y aura de personnes tuées d'un côté et de l'autre, mieux ce sera pour eux, et plus forte sera cette obélisque, plus il y aura de haine.

C'est pour cela que plus il y aura d'Ukrainiens qui mourront dans des chaudrons, dans des attaques irréfléchies et inutiles, mieux ce sera pour eux, plus ils pourront se réjouir parce qu'il y aura plus de haine. Le pays de la haine victorieuse.


Ma question ne porte pas sur cela en fait. Je voulais vous poser une autre question. Disons qu'une tentative d'offensive a lieu, et il y a une contre attaque. Les anciennes structures s'effondre, la chaîne de commandement de ce qui reste de l'Ukraine est détruite. Afin que tout cela ne s'effondre pas dans une période que nous appellerons de « Ruine », il est nécessaire de se rassembler et de s'organiser pendant ce temps...

Vous parlez de la Nouvelle Russie (Novorossia) ?


Je veux poser une question sans ambiguïtés. Le parlement de Nouvelle Russie (Novorossia) est toujours une structure qui est gelée mais pas désavouée ?

Laissez-moi dire quelques mots à propos du parlement de la Novorossia. Ce parlement a été créé par les Républiques de Donetsk et Lougansk. Dans le même temps, le congrès du front populaire de la Novorossia a eu lieu. Il y avait une telle organisation. Il y avait des représentants de toutes les régions. Pourquoi ces deux événements n'ont-ils pas été organisés le même jour ? Parce que la Novorossia et le parlement de la Novorossia ont été envisagés comme un mouvement vers l'avenir. En tant que président du parlement de la Novorossia, je ne me suis jamais immiscé dans la vie des républiques de Donetsk et Lougansk. De plus, je m'étais lancé dans ce travail à contre-coeur car je ne me suis jamais considéré comme un politicien professionnel.

Je n'ai jamais essayé de mettre la main sur le pouvoir. Nous avions créé une confédération. Comment ? Sur ce front populaire nous avons signé un accord entre les républiques de Donetsk et Lougansk, sur la création d'une Union. Le conseil de l'Union des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk a été créé. Ce conseil comprenait six personnes. J'étais l'un des délégués populaires de l'une des régions. Lors de ce conseil j'ai été chargé d'écrire la constitutions. Je l'ai écrite. Elle a été votée par les parlements des républiques de Donetsk et Lougansk.

Après le vite de la constitution, le vote suivant a été délégué à 30 députés de chaque république. Le parlement a commencé à travailler. En tant que député à quatre reprises de la Verkhovna Rada, j'ai structuré le travail parlementaire, croyez-moi, de la bonne manière. Nous avions un agenda, nous avons accepté les règles, enregistré tous les comités. Malheureusement, notre parlement n'a travaillé que quelques mois. Les accords de Minsk ont été signés.

J'ai participé à la première réunion des accords de Minsk. Vous pouvez être d'accord ou non avec le plan de Minsk. Mais croyez-moi, bien que je ne sois pas militaire, il vaut mieux avoir un plan, et de tous agir selon un plan, plutôt que chacun dans son coin. Il y a un plan, et nous - le parlement de la Novorossia - avons mis en suspens notre activité pour suivre ce plan. Parce que la création de la Novorossia entrait bien sûr en contradiction avec le processus de Minsk. Beaucoup de députés du parlement travaillent jusqu'à maintenant. Dans des bureaux. Ils ont fait passer une grande quantité d'aide humanitaire via le parlement de la Novorossia.

Vous ne trouverez aucune accusation de violations contre le parlement où que ce soit, concernant le fait que l'aide humanitaire irait ailleurs. J'ai rédigé les procédures de telle manière qu'aucun fonctionnaire responsable ne touche un des objets du chargement. Ils contrôlent uniquement leur passage, l'empêchent d'être volé, et contrôlent le fait qu'ils aillent aux personnes qui en ont besoin. Tout le reste c'est le travail des structures économiques. Finalement, nous nous sommes associés avec les républiques de Donetsk et de Lougansk quand ils enfin créé leurs structures.

Le parlement ne s'est jamais occupé des questions militaires. Et ce bien que beaucoup de commandants d'unités faisaient partie du parlement de la Novorossia - de fait, Alexander Zakharchenko était député du parlement. Ils ont abandonné une initiative de créer des décorations de la Novorossia. J'ai dit une fois que le parlement est une organisation civile. Mais nous pouvons les aider à organiser cela. Car je considère que certaines institutions militaires doivent délivrer des décorations. Mais il n'y avait pas de commandement unifié pour diverses raisons que je ne veux pas détailler, c'est pourquoi c'est eux qui se sont lancés là dedans. Néanmoins cela n'est jamais allé jusqu'au bout. Le parlement n'a distribué ni décoration, ni arme en récompense. Les députés avaient leurs propres armes car certains sont morts, d'autres ont été arrêtés. Nous avons organisé des sessions du parlement à Donetsk et Lougansk, et pour passer à travers l'administration régionale de Donetsk, il était nécessaire de fournir la liste de nos députés pour qu'ils puissent passer. Le jour d'après, quand nous avons fourni ces listes au bureau chargé de la sécurité, elles ont fini au SBU. Les employés du SBU ont commencé à venir au domicile de mes députés. À cette époque il n'y avait pas de frontière.


Supposons que la destruction interne de l'état ukrainien arrive, un effondrement brutal...

C'est même plus que cela, il est nécessaire de l'imaginer, et de réfléchir au scénario parce que, quoi qu'on puisse en penser aujourd'hui, l'Ukraine sera obligée de passer par la ruine. Elle ne commencera à se rassembler à nouveau qu'après que la situation soit tombée au plus bas.


Et donc, est-ce que le parlement de la Novorossia est prêt à développer sa mission de rassemblement des républiques populaires ? Je pense que cela prendra la forme de républiques populaires comme la République Populaire de Kharkov, etc.

Je suis sûr que l'Ukraine ne peut pas être anti-russe. L'avenir nous dira si elle fera partie de la Russie, ou qu'elle fera partie du monde culturel et économique russe. Si certaines régions feront partie de la Russie, et les autres feront partie de l'état qui entrera dans le bloc économique, cela est encore flou, mais le futur territoire ne pourra exister que s'il est pro-russe. Cela ne peut pas être autrement, parce que sinon il y aura la ruine. Et, bien sûr, il sera nécessaire de rétablir l'ordre. Je connais les députés du parlement de Novorossia, ce sont des personnes de valeur. Ce sera ce parlement, ou un nouveau parlement, quoi qu'il en soit il y aura une certaine structure qui ramènera l'ordre sur le territoire de l'ancienne Ukraine.


Et bien, je vous pose simplement cette question, non en tant que mathématicien s'adressant à un physicien, mais comme un journaliste à une politicien...

Le parlement de la Novorossia, d'un point de vue du temps, a été élu pour une certaine période. Mais il y a un principe de continuité du pouvoir. Afin d'élire la structure à venir, il faut organiser des élections. Pour l'instant ces élections n'ont pas encore eu lieu. Donc si elles ont lieu, parmi les députés qui sont maintenant ici, la majorité a prouvé être issue d'un très bon parti. Ils sont passés par le feu, les attaques, la faim, ne sont pas partis, ils sont restés dans les Républiques, et ont continué à travailler. Ils seront dans ce parlement et continueront à travailler. Ce parlement a été constitué de telle manière qu'il inclut des représentants d'Odessa, Kharkov, Dnipropetrovsk, c'est-à-dire de ces territoires qui peuvent potentiellement être inclus dans la Novorossia.

Pour ma part, je suis prêt à travailler de toutes mes forces pour une cause commune.


Vous m'ôtez les mots de la bouche, je voulais justement vous demander si vous êtes prêts à vous imposer une telle charge ? Car vous êtes charismatique, il y a un million de personnes en Ukraine qui vous respecte, qui se souvient de vous, nous entretenons une correspondance fournie avec d'autres parties de l'Ukraine, qui sont de l'autre coté de la ligne de front...

À tout moment lorsque ce sera nécessaire, je suis prêt à rejoindre la lutte. Mon cœur souffre pour le pays, mon cœur souffre pour les gens qui sont là. Et psychologiquement c'est très compliqué pour moi, car actuellement je ne peux pas être dans les républiques de Donetsk et Lougansk, afin de ne pas perturber le travail des autorités actuelles. Par ma simple présence je peux mettre la pression et embarrasser les dirigeants actuels.

D'un autre côté, mes amis ont été arrêtés en Ukraine. Des milliers de personnes sont désormais en prison. À une époque j'avais mes propres moyens, et nous avions une aide juridique, qui aidaient les gens qui avaient été arrêtés ou les réfugiés politiques venant d'Ukraine. Nous aidions les soldats des Berkout,et de Kostya Dolgov. Je ne veux pas me vanter, mais mes moyens ont été utilisés pour payer la rançon de Goubarev, et il y a eu beaucoup de cas comme celui-ci. Parfois je ne me rappelle plus des personnes, mais ils m'écrivent et m'appellent : « Nous avons été libérés, merci ! » Un ou deux avocats ont travaillé dans chaque région où avait lieu une audience et donnaient des consultations. Maintenant je n'ai plus de tels moyens financiers. Et il est dommage qu'en Russie - un pays très riche - personne ne s'occupe de la protection des droits de l'homme en Ukraine. Ce sujet est très important du point de vue de la communauté internationale.


Je voudrais vous interrompre brièvement car je voudrais vous parler du travail de deux organisations – “CIS-EMO” et le Fonds Dyoukov – car nous surveillons constamment...

Les avocats doivent travailler, de l'aide doit être fournie aux familles des détenus, certaines personnes sont déjà en prison depuis un an. Vous savez quand vous êtes dans des prisons ukrainiennes dans de telles conditions, il est parfois nécessaire d'amener des colis alimentaires à la personne, et cela ne coûte pas très cher. Ce n'est pas une grosse somme d'argent, mais si vous saviez à quel point cette aide est appréciée là bas. Vous ne pouvez pas imaginer quel type de résonance socio-politique ce genre d'aide aurait en Ukraine. Parce que beaucoup de gens se sentent abandonnés, et c'est vraiment mauvais.

Pourquoi est-ce que je dis cela ? Premièrement - nous devons le faire. Et deuxièmement - afin qu'il soit clair à quel point cela est psychologiquement difficile d'être ici. Et donc il s'avère que j'étais dans les premiers rangs au début, et maintenant je suis hors combat. Donc dès qu'il y aura la plus petite opportunité de joindre à nouveau cette lutte, je la rejoindrai avec plaisir.

Nous allons probablement finir là dessus. Nous avons posé des questions sensibles et avons reçu des réponses intéressantes. Oleg, vous êtes toujours un invité bienvenu. Merci.

Merci.

Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

Source : http://stalkerzone.org/oleg-tsarev-ukraine-novorossiyas-prospects/

Les options militaires russes en Ukraine

Voici une analyse de traduit pour le site le Saker francophone et qui analyse les options russes en Syrie et en Ukraine



Source de l'article : Le Saker francophone


Les options militaires de la Russie en Syrie et en Ukraine (mise à jour)

Saker US
Par The Saker – Le 16 août 2016 – Source thesaker.us


Les deux dernières semaines ont été riches en développements militaires affectant directement la Russie.

Bien que non directement liés, divers éléments pointent vers une possible escalade militaire qui pourrait résulter de ce que la Russie a été contrainte d’engager son armée dans des opérations de combat en Syrie, en Crimée et en Novorussie. Il est donc pertinent, à ce stade, de répertorier les options russes sur tous ces théâtres de guerre.


La Syrie

1) La Russie a annoncé qu’elle veut transformer la base aérienne de Khmeimim en une base militaire à part entière avec une force opérationnelle déployée en permanence.

2) La Russie déploiera son transporteur d’avions équipés de missiles (souvent mentionné en Occident comme étant simplement un porte-avion) Amiral Kouznetsov en Méditerranée orientale pour vérifier les capacités de combat du navire et de son groupe de frappe et pour engager, pour la toute première fois, les hélicoptères de pointe Ka-52K Katran.


L’Ukraine

1) Suite à l’échec de la tentative des Ukronazis d’infiltrer des saboteurs dans la péninsule de Crimée, que le président Poutine a qualifiée de « stupide et criminelle », Porochenko a maintenant ordonné un renforcement de ses troupes sur la frontière avec la Crimée et l’Ukraine orientale et placé ses soldats en alerte maximum.

2) Les autorités de Kiev ont décidé de ne pas accepter les lettres de créance du nouvel ambassadeur russe en Ukraine.

3) Le président Poutine a déclaré que, dans ce contexte, les négociations avec Kiev sont « sans intérêt ».

Bien que non directement liés, tous ces éléments pointent vers une possible escalade militaire qui pourrait résulter de ce que la Russie a été contrainte d’engager son armée dans des opérations de combat en Syrie, en Crimée et en Novorussie. Donc il est pertinent, à ce stade, de répertorier les options russes sur tous ces théâtres de guerre.


Le théâtre syrien

Il y a beaucoup de malentendus sur les options militaires russes en Syrie. Comme l’intervention russe importante à laquelle on s’attendait au début a échoué à se concrétiser (l’intervention russe actuelle a été très limitée à la fois en taille et en durée), le renforcement de la base de Khmeimim ne produira pas un changement stratégique majeur dans les rapports de force régionaux. Quelques rappels.

D’abord, la base navale russe à Tartous n’est pas du tout une base navale. C’est un port que la Marine russe a utilisé, mais il manque de capacité d’amarrage pour de grands navires et il n’est pas défendu d’une manière dont le serait une base navale russe. En fait, les Russes en parlent comme d’un « пункт материально-технического обеспечения » ou « point d’approvisionnement matériel et technique ». Il est possible, et même probable, que la Russie étende et renforce Tartous à un moment donné, mais dans un avenir prévisible, Tartous ne sera pas un avant-poste militaire important pour la Marine russe.

Ensuite, la base aérienne de Khmeimim est située dans un endroit très dangereux : à 1000 km environ de la frontière russe et à seulement 50 km de la frontière turque. Elle est aussi joliment coincée entre la zone de responsabilité du CENTCOM et de l’OTAN. Ce n’est donc certainement pas un endroit à partir duquel vous voudriez essayer de menacer les forces étasuniennes. Et aussi, ce n’est pas un endroit que la Russie défendrait par des moyens nucléaires.

Le ministre de la Défense Shoigu a en fait précisé clairement ce que sera le but de la présence russe à Khmeimim : a) attaquer les terroristes et b) défendre les ressortissants russes. De nouveau, ce sont des objectifs très limités qui seront atteints par des moyens limités. C’est sûr, Khmeimim deviendra aussi une plaque tournante essentielle du renseignement pour la Russie et, une fois que la base aérienne sera agrandie, les capacités russes de recherche et de sauvetage seront considérablement augmentées. Pour ces deux tâches, les forces spéciales russes seront stationnées en permanence à la base. Enfin, les Russes augmenteront la taille des pistes pour les rendre accessibles à de plus lourds avions de transport. Mais la caractéristique essentielle de la base aérienne de Khmeimim rappellera toujours qu’elle restera vulnérable en raison de sa localisation et de son grand éloignement de la Russie.

Quant au déploiement du Kouznetsov, qui est principalement un superbe navire de défense aérienne, il permettra au Russes d’avoir une image beaucoup plus complète des signaux de renseignement dans la région et offrira une protection solide à la fois à Tartous et à Khmeimim. Le premier déploiement des Ka-52K (prévus à l’origine pour être installés sur les Mistral français) sera un test annexe, mais rien qui pourrait changer la donne dans la guerre.

Dans l’ensemble, les Russes accroissent très certainement leurs capacités dans le nombre d’options à choisir parmi toutes celles qui dépendent de l’évolution de la situation. À ce stade, il n’y a aucun signe de changement important dans la position russe : depuis le semi-retrait des forces aérospatiales russes de Syrie, la Russie continue à compter prioritairement sur ses bombardiers à longue portée (Tu-22M3). Ceux-ci peuvent, si nécessaire, être complétés par des groupes d’attaque de Su-34/Su-30/Su-35 décollant du sud de la Russie.


Le théâtre ukrainien

La situation en Ukraine est beaucoup plus imprévisible que celle de la Syrie et l’a été depuis un bon moment déjà. Presque chaque semaine, nous voyons des avertissements à propos d’une attaque ukrainienne possible, quelquefois même annoncée comme imminente, puis cette attaque n’a pas pu se concrétiser. Ce qui est dangereux avec ces fausses alertes est qu’elles n’étaient pas fausses du tout et que ces attaques auraient vraiment pu se produire chaque semaine. Pire que tout, maintenant un phénomène du garçon qui criait au loup s’installe, où tout le monde est lassé par les avertissements incessants sur une attaque ukronazie imminente. Le problème est bien sûr qu’une telle attaque devient de plus en plus probable à chaque jour qui passe.

Il y a ceux qui soutiennent qu’une attaque ukronazie contre la Crimée serait suicidaire, et ils ont absolument raison, et qu’une attaque ukronazie contre la Novorossie serait peu susceptible de réussir, et de nouveau, ils ont raison.

L’hypothèse ici est que le régime de Kiev est capable de calculs rationnels et que le but d’une telle attaque serait une victoire. Mais, en réalité, la victoire n’a jamais été un but pour les Ukronazis. Au contraire, le but a toujours été d’entraîner la Russie dans une guerre ouverte. Les Ukronazis se trompent eux-mêmes en espérant qu’ils parviendront à faire ce que les Croates ont fait en 1995 lorsqu’ils ont attaqué, avec le plein soutien de la puissance aérienne de l’OTAN, les Croates serbes (désarmés) dans ce qu’on appelle les Krajinas. En réalité, la situation au Donbass est tout à fait différente : non seulement les Novorusses ne sont pas désarmés comme les Serbes de la Krajina (dont toutes les armes lourdes étaient dans des dépôts contrôlés par l’UNPROFOR), mais contrairement aux pauvres Serbes (qui ont été trahis par Milosevic), les Novorusses savent que si les choses tournent mal, la Russie les soutiendra, y compris par des frappes d’artillerie à longue portée dont elle niera le fait (comme elle l’a fait en juillet 2014). Quant à la Crimée, même les Ukrainiens qui se font le plus d’illusions doivent réaliser maintenant, même s’ils se refusent à l’admettre, qu’ils ne reprendront jamais la Crimée.

Le problème pour la Russie est que tandis que le régime de Kiev sombre lentement dans l’insignifiance, il n’y a qu’une chose que l’Ukraine peut offrir à l’Empire anglosioniste : devenir l’agneau du sacrifice dans un effort désespéré pour inciter les Russes à intervenir et donc rendre totalement irréversible l’actuelle guerre tiède entre l’OTAN et la Russie, ou même la rendre chaude. Une contre-attaque russe ouverte au Donbass ou même à partir de la Crimée est le rêve que tous les néocons désirent voir se réaliser.

Jusqu’à présent, tout ce que les Ukronazis ont été capables de faire était de bombarder constamment les civils des républiques de Donetsk et de Lougansk qui, dépendantes à 100% de Moscou, ont dû endurer cette horreur même si des quantités de civils innocents étaient tués chaque jour. Il y a aussi beaucoup de preuves indirectes que les capacités des Novorusses ont énormément augmenté l’an dernier et c’est d’autant plus frustrant pour eux de supporter les provocations et les meurtres constants de civils. Le Kremlin, toutefois, a décidé, à l’évidence qu’un flux modeste et constant de civils tués dans le Donbass reste préférable à une opération militaire à grande échelle suivie, et c’est souvent négligé, par l’occupation d’au moins une partie du territoire ukrainien. En effet, une fois que vous l’occupez – vous le possédez et en êtes responsables. Personne en Russie ne veut assumer les coûts d’une guerre et de l’occupation qui s’ensuit ni de la reconstruction d’un territoire actuellement sous contrôle ukronazi. Enfin, pourquoi donner au régime de Kiev une distraction qui lui sauverait la vie lorsqu’il accomplit un travail de premier ordre pour se détruire lentement mais sûrement lui-même ?

Le paradoxe ici est que la force russe est aussi sa faiblesse : les chances sont que les Novorusses soient capables non seulement de stopper une attaque ukronazie mais même de réaliser une contre-attaque opérationnelle profonde. Donc il est fort probable que la Russie elle-même ne soit pas entraînée dans une guerre au Donbass. Mais en Crimée, il n’y a pas de Novorusses, pas de républiques populaires de Donetsk ou de Lougansk. En Crimée, il n’y a que des Russes et la Crimée est la Russie. Par conséquent une attaque ukronazie sur la Crimée serait un acte de guerre direct contre la Russie, que celle-ci ne pourrait pas ignorer ou à laquelle elle ne pourrait pas répliquer en utilisant une combinaison de voentorg et de vent du nord (voentorg : fourniture secrète d’armes ; vent du nord : fourniture secrète de spécialistes militaires). Si la Crimée est attaquée, les Russes devront riposter, qu’ils le veuillent ou non.

Si cela se produit, la contre-attaque russe sera très vraisemblablement limitée et se concentrera probablement sur les forces directement responsables de l’attaque. Mais si les Ukronazis utilisent leur artillerie à partir de positions bien retranchées pour déclencher un barrage constant sur les villes du nord de la Crimée ou si, à Dieu ne plaise, les Ukronazis utilisent des missiles balistiques pour viser les grands centres urbains en Crimée, les Russes n’auront pas d’autre choix que de contre-attaquer rapidement et de manière décisive. Et depuis le 08.08.08 [intervention russe en Géorgie, NdT], il est devenu clair que l’Occident accusera toujours la Russie, même si elle est attaquée la première par une autre partie.

En termes strictement militaires, tout conflit entre les forces armées russes et les Ukronazis serait un massacre : tout ce que les Ukrainiens peuvent amener sur le champ de bataille, c’est le nombre, mais ils sont totalement dépassés, quantitativement et, même plus, qualitativement, par les Russes. L’artillerie russe est actuellement la plus capable sur la planète, elle est même largement supérieure à l’artillerie occidentale, et ses effets sur l’armée ukrainienne ont été tout à fait dévastateurs dans le passé. La Russie a une combinaison unique de capacités en termes de drones et de guerre électronique, qui sont directement intégrés aux systèmes de ciblage des lance roquettes multiples qui peuvent atteindre l’arrière de l’ennemi jusqu’à 90 km. Enfin, les Russes ont travaillé depuis des années sur des sous-munitions avancées et des ogives thermobariques qui peuvent être utilisées avec un effet dévastateur sur les forces blindées et les positions fortifiées.

Cette combinaison de drones et de lance roquettes multiples constituent ce que les Russes appellent un complexe d’attaque de reconnaissance ou RSC [dans son acronyme anglais, NdT] (разведывательно-ударный комплекс) qui est un complexe d’abord développé par les Soviétiques dans les années 1960. Le RSC intègre complètement tous les éléments suivants : reconnaissance, guidage, contre-mesures électroniques, navigation et engagement d’armes de haute précision.

Maintenant, avec l’avènement de nouveaux drones et de radars contre-batteries , ce concept a atteint sa pleine maturité. Il est aujourd’hui la pierre angulaire des opérations interarmes russes. Ce que tout cela signifie concrètement est que les Russes ont maintenant la capacité de détruire totalement plusieurs bataillons mécanisés en seulement deux ou trois minutes. Et il n’y a rien, rien du tout, que les Ukrainiens pourraient faire contre cela.

Les Russes ont aussi des blindés, des capacités de guerre électronique, des forces aérospatiales, des capacités de renseignement et de reconnaissance, de formation largement supérieurs – et bien d’autres encore. Les Ukrainiens n’ont pas une seule chance.

Un des canards diffusés par la presse est que les livraisons américaines d’armes létales à l’Ukraine feraient en quelque sorte pencher la balance. En réalité, aucune quantité d’armes ne ferait une différence. Les capacités russes aujourd’hui sont tout aussi supérieures à celles de l’Ukraine que l’armée américaine l’était en 1990 pendant Tempête du désert par rapports aux capacités de l’armée irakienne. Alors qu’en 1991, l’armée ukrainienne était théoriquement plus grande que l’armée russe (l’Ukraine a hérité de tout le second échelon stratégique des forces soviétiques), elle n’a pas eu une guerre en Tchétchénie pour la forcer à se réorganiser comme ce fut le cas pour l’armée russe, ni n’a eu un président comme Poutine qui, dès qu’il a accédé au pouvoir, a entrepris une immense réforme de celle-ci, dont les fruits se manifestent enfin aujourd’hui.

Résultat, les Russes ont effectué plusieurs percées générationnelles tandis que les Ukrainiens sont fondamentalement bloqués avec des engins des années 1980 et une armée totalement désorganisée, corrompue et incompétente. Il faudra des années à l’Ukraine pour rattraper les Russes et cela seulement si une sorte de miracle économique, hautement improbable, se produit.


Conclusion

Les guerres en Syrie et en Ukraine, comme c’est si souvent le cas, sont largement prédéterminées par la géographie. Il n’y a vraiment rien que la Russie puisse faire pour s’opposer significativement et directement à l’armée étasunienne au Moyen-Orient ou en Méditerranée. De même, il n’y a rien que les États-Unis puissent raisonnablement et directement faire pour s’opposer aux forces armées russes dans l’est de l’Ukraine. C’est pourquoi les deux côtés tenteront d’agir indirectement, aux marges, à travers des intermédiaires mais sans s’exposer directement.

Alors que cette stratégie est fondamentalement sûre, elle est également dangereuse parce que faire indirectement la guerre, par procuration, est plus difficile à contrôler et laisse les deux côtés ouverts aux provocations, aux opérations sous fausse bannière et à l’implication secrète de tiers. C’est pourquoi les deux guerres sont si frustrantes à suivre : d’une part toutes sortes de scénarios hautement spéculatifs ne peuvent tout simplement pas être rejetés, mais d’autre part, pas grand chose ne semble se passer. Et lorsque quelque chose finalement se passe, on ne sait pas ce que pourraient être les conséquences.

Enfin, les deux guerres impliquent des acteurs hautement et fondamentalement idéologiques (les Ukronazis, les cinglés de Daech, les néocons) sur lesquels on ne peut pas compter pour agir rationnellement. Hélas, toutes les théories de la dissuasion supposent un acteur rationnel. Mais comment dissuader un maniaque délirant ?

Les options russes dans ces deux conflits sont limitées par les circonstances objectives et par des considérations politiques plus vastes. Je dirais que la Russie a accompli un travail absolument étonnant en Syrie avec des moyens très limités et dans un environnement extrêmement dangereux.

En ce qui concerne le Donbass, je serais plus nuancé. Alors que je crois que la Russie a pris la bonne décision en n’envoyant pas ouvertement ses forces armées en Ukraine orientale, je dois aussi admettre qu’elle a aussi mal choisi son moment et a même montré de l’indécision dans le traitement des cinglés nazis à Kiev : cela a pris beaucoup de temps aux Russes pour mettre en place et faire fonctionner le Voentorg et le Vent du nord et, alors que c’était la bonne réponse, il a fallu aussi beaucoup de temps pour qu’elle devienne pleinement efficace.

Ensuite, il y a la question de (l’ancien, aujourd’hui) ambassadeur russe à Kiev, Mikhail Zurabov, qui était totalement inefficace pour ne rien obtenir du tout (c’est un mystère pour moi qu’il soit resté en place si longtemps). C’est vrai, Zurabov n’avait personne à qui parler, mais cela ne justifie pas qu’il soit intime et qu’il copine avec Porochenko comme on dit qu’il l’aurait fait. Maintenant que les Russes ont enfin nommé une personne compétente à ce poste, Mikhail Babich, les  Ukrainiens refusent de l’accréditer, ce que le Kremlin accepte avec une étrange sérénité.

En décembre, Poutine a aussi nommé une autre personnalité très puissante, Boris Gryzlov, un membre permanent du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, en tant que représentant plénipotentiaire de la Fédération de Russie dans le Groupe de contact sur le règlement de la situation en Ukraine. Il a fallu très longtemps à la Russie, mais maintenant, avec Gryzlov et Babich, la Russie implique pour finir quelques personnalités extrêmement énergiques dans le processus de négociations traitant de la guerre en Ukraine. Une bonne décision, de nouveau, mais une décision très tardive.

Ces mesures indiqueraient-elles que les Russes ont des informations que quelque chose d’important va bientôt se passer avec l’Ukraine ? C’est possible. Je ne sais pas du tout, mais cela me semble comme s’ils préparaient quelque chose.

Quant à la Syrie, les Russes tentent d’augmenter leurs choix, mais il est peu probable que quoique ce soit d’important se passe avant l’arrivée de la nouvelle administration étasunienne. En outre, avec Erdogan toujours occupé à réprimer toute opposition, on ne sait pas quelle voie la Turquie prendra une fois que les purges seront terminées.


Ensuite, seulement ça

Selon Almasdar news, l’Iran vient d’accorder à la Russie le droit d’utiliser la base aérienne de Hamedan à l’ouest du pays. L’article original, intitulé La Russie déploie des avions à réaction sur une base aérienne iranienne pour combattre les insurgés en Syrie (photos), affirme même montrer des images de Tu-22M3 russes déjà déployés en Iran. Si c’est vrai, c’est très significatif. Contrairement à Khmeimim, Hamedan est sûre et parfaitement située pour mener des attaques militaires en Syrie et ailleurs au Moyen-Orient.

Un problème cependant : Almasdar news est une source israélienne, qui fait partie d’Israel Project, une «organisation de diplomatie publique pro-Israël fondée aux Etats-Unis à l’apogée de la seconde intifada». J’ai vérifié auprès d’une source iranienne bien informée, qui ne confirme rien de tout cela en ce moment.

Le blogueur russe Colonel Cassad, cependant, a mené sa propre enquête et semble considérer que l’information est plausible. D’autres sources russes confirment que la Russie a demandé à l’Iran d’autoriser des missiles de croisière russes à voler dans l’espace aérien iranien. Il semble que la collaboration entre l’Iran et la Russie se renforce, ce qui est, bien sûr, une très bonne nouvelle.

Enfin, si Erdogan est sérieux au sujet de sa collaboration avec la Russie et l’Iran contre Daech, alors une manière pour la Turquie de le faire serait d’ouvrir l’espace aérien turc aux attaques aériennes et aux missiles russes contre Daech. Si cela se fait, la Russie aura le choix de quatre endroits pour lancer ses attaques : la Crimée, la Russie méridionale (l’Abkhazie), Khmeimim en Syrie et, espérons, Hamedan en Iran.

L’aéroport militaire de Bombora, tout près de Gudauta, en Abkhazie
Un endroit sur lequel garder tout spécialement un œil est l’aérodrome militaire de Bombora près de Gudauta, en Abkhazie. Selon Lentra.ru, la longueur de la piste principale est de 4 km (c’est une erreur, la longueur actuelle est de 3 km) et cette piste aboutit se termine sur le bord de mer, permettant aux avions de décoller à très basse altitude et de rester ainsi sous la couverture radar de l’ennemi. Cet aérodrome est actuellement protégé par quelque 4 000 soldats russes déployés en Abkhazie, équipés avec les nouveaux systèmes d’armes russes et formant l’épine dorsale de la 7e base russe [pour en savoir plus sur cette base, voir ici (source anti-russe) et ici, y compris des photographies très intéressantes].

Cet aérodrome est idéalement situé pour devenir un centre majeur pour les opérations des forces aérospatiales russes.


The Saker

Article original paru sur The Unz Review


Traduit par Diane, vérifié par Wayan relu par Cat pour le Saker francophone